Journée mondiale des réfugiés - protéger les réfugiés Rwanda : Accord indigne entre la Grande Bretagne et le Rwanda portant sur la déportation des migrants réfugiés/demandeurs d’asile
Vendredi, juillet 1, 2022

Le 20 juin de chaque année le monde célèbre la journée mondiale des réfugiés établie par les Nations unies. C’est « l’occasion de favoriser une meilleure compréhension et une plus grande empathie sur le sort des réfugiés et de faire connaître leur résilience alors qu’ils démarrent une nouvelle vie [1]».

Mais apparemment les États membres de cette institution mondiale ne l’entendent pas ou ne veulent pas le célébrer de cette façon. Leur façon est plutôt : Je n’en veux pas, je vous les envoie avec l’argent !

à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, l’ODHR rend hommage à tous les demandeurs d’asile et des réfugiés. Ils fuient les guerres, les persécutions et d’autres dangers dus à divers aléas de la vie dont la pauvreté et les changements climatiques défavorables à une vie normale digne. Exigeons ensemble la compréhension et la protection mondiale des migrants demandeurs d’asile et réfugiés.

La journée mondiale des réfugiés coïncide avec la tenue de la Conférence des pays du Commonwealth à Kigali au Rwanda ce 20 juin 2022. Le Commonwealth a dans ses valeurs le respect des droits de l’homme et la dignité humaine, soulignés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et des instruments internationaux des droits humains et relatifs.

L’ODHR attire l’attention de tous les participants à la conférence et de la communauté internationale sur le respect de la dignité et la vie des migrants demandeurs d’asile dans et par les pays membres de l’organisation.

L’ODHR demande aux membres du Commonwealth de condamner l’accord sur la traite des migrants demandeurs d’asile conclu entre les gouvernements rwandais et britannique. Moyennant payement, la Grande Bretagne veut expulser des migrants indésirables au Royaume- Uni vers le Rwanda, situé à plusieurs milliers de kilomètres dans l’hémisphère sud pour les décourager et leur interdire de retenter de revenir chez lui. Les États respectueux de la dignité humaine ont refusé ce genre d’accord indigne de pays riches à pays pauvres. Les organisations internationales de défense des droits humains et certains responsables politiques britanniques ont condamné cette politique qu’ils ont osé qualifier « d’épouvantable[2] » ou « d’accord raciste [3] ».

L’ODHR condamne d’abord l’accord et l’expulsion des migrants demandeurs d’asile vers le Rwanda comme instrument de traite des demandeurs d’asile pour éviter qu’il ne fasse un précédent en matière de gestion des migrants demandeurs d’asile. Il le condamne ensuite comme instrument de discrimination et de traite des êtres humains qui rappelle la traite des esclaves des siècles derniers. Il le condamne enfin parce que la traite des êtres humains est indigne dans un État de droit. Il viole la déclaration universelle des droits humains et des instruments de protection et de défense des droits humains et relatifs.

Le Rwanda habitué à ce genre d’accords auxquels il veut donner un caractère humanitaire fait de l’accueil des migrants une ressource économique contraire à l’image qu’il voudrait donner. Des accords bilatéraux sur les migrants maltraités en Libye en tentant de traverser la mer Méditerranée vers l’Europe, ou de ceux signés avec l’État d’Israël se font tous moyennant argent sonnant. Les réfugiés burundais et congolais, à cause de l’insécurité, ont manifesté pour retourner chez eux. Les Burundais ont fait pression et ceux qui voulaient sont rentrés chez eux contrairement aux Congolais après la répression sanglante des réfugiés manifestant dans les camps de Kiziba dans le district de Karongi.

L’ODHR est inquiet de la sécurité des migrants expulsés contre leur gré au Rwanda. En date du 20 février 2018, les policiers rwandais ont tiré à bout portant sur les migrants réfugiés congolais vivant dans les camps à Kiziba dans le district de Karongi dans la région de Kibuye à l’Ouest, tuant une douzaine d’entre eux alors qu’ils allaient manifester devant les bureaux du Haut- Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (UNHCR) pour réclamer leurs droits. Le gouvernement rwandais n’a jamais autorisé une enquête indépendante pour connaitre le nombre réel de réfugiés tués et blessés et pour condamner l’usage excessif de la force par les policiers et rendre des comptes. Au contraire, certains manifestants ont été arrêtés et font face aux poursuites en justice.

Bien plus, le Rwanda est l’un des pays africains ayant plusieurs dizaines de milliers de réfugiés sur le continent et ailleurs dans le monde. Les causes de leur exil sont multiples. Pour la plupart il s’agit de l’intolérance, des discriminations, de l’impunité et l’insécurité, des violences et des violations des droits humains. Le gouvernement rwandais dénigre et pourchasse ses propres citoyens réfugiés dans le monde entier. Il a manœuvré pour que le statut de réfugié leur soit retiré. Tout réfugié critique est considéré comme un ennemi de la nation.

L’ODHR recommande aux participants, dans le respect des valeurs du Commonwealth, de demander au Gouvernement rwandais d’acquitter et de libérer ces réfugiés emprisonnés. Il demande enfin qu’une enquête indépendante sur ces massacres de réfugiés soit faite pour établir les responsabilités et poursuivre les auteurs et les complices à tous les niveaux. L’ODHR recommande aux pays membres de considérer la question de protection de tout réfugié rwandais persécuté et ne pouvant pas rentrer dans son propre pays.

C’est seulement dans la protection et la défense de toute personne sans discrimination, spécialement le réfugié et le demandeur d’asile, contre les violences des décisions politiques injustes et discriminatoires prises dans l’impunité totale que les valeurs et les principes du Commonwealth et la dignité humaine exprimée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme trouveront écho.

Pour Observatoire des Droits de l’Homme au Rwanda (ODHR),

Laurent MUNYANDILIKIRWA (Président)