Mercredi, juin 6, 2007

Dans le cadre du programme Education à la paix, une journée a été consacrée à 30 élèves de l'école élémentaire Fessart de Paris 19e.

L'animation proposée était sur le thème « J’agis, je m’engage, je contribue pour la paix », avec des activités ludiques autour de la gestion des conflits.

Ségolène et Stellie - les deux animatrices - ont commencé par la lecture d’un conte philosophique. Elles ont demandé aux enfants s’ils connaissaient eux aussi des situations dans lesquelles ils pouvaient être jaloux. Quelques exemples ont été donnés : "Lorsqu’une petite sœur reçoit plus de câlins", "Lorsque l’autre possède quelque chose que nous n’avons pas". Il a fallu beaucoup de temps pour que les élèves aillent plus loin que l’envie de posséder un bien matériel. Il leur a ensuite été demandé ce qu’ils étaient prêts à faire pour avoir cette chose. Un des élèves a dit "J’aimerai piquer le cerveau de celui qui est plus intelligent que moi", un autre a répondu : "Moi, je proposerai de lui échanger son jeu pendant une semaine, contre le mien".

  • Découvrir la richesse de chacun
  • children during a peace education animation

    Face à ces conflits liés à l’envie de posséder un bien, il a été évoqué l’éventualité de la violence comme solution. Pour l’éviter, les enfants sont partis de l’idée qu’il ne faut pas avoir peur de l’autre. Certains disaient que souvent ils ne vont pas vers quelqu’un de nouveau car cela les met mal à l’aise. Par groupe de deux, ils ont interviewé un camarade sous forme d’un portrait chinois (si tu étais un animal, une couleur…). Puis, ils ont dû se mélanger de nouveau et se mettre avec quelqu’un qu’ils ne connaissaient pas bien pour lui dessiner l’animal issu du portrait chinois. Certains qui se sont retrouvés avec des personnes qu’ils n’appréciaient pas forcément, ont montré leur déception lorsqu’ils ont reçu l’étiquette avec le dessin de l’autre. Ils trouvaient que la personne avait fait exprès de faire quelque chose de laid.

  • Je peux recevoir et je peux donner

Deux enfants, une fille et un garçon, se sont retrouvés ensemble. La petite fille ne voulait pas porter son étiquette. Lorsque qu’on lui a demandé pourquoi, elle a répondu devant le garçon que son dessin était "moche". Il s’est décomposé, a déchiré l’étiquette et a recommencé. La fillette s’est aperçue qu’elle l’avait profondément blessé. Elle est allée s’excuser et nous a dit se sentir grandir par cet acte, car elle a vaincu sa peur et a trouvé le courage d’aller s’excuser de ses paroles dures. L’après-midi, ils étaient assis côte à côte et ont raconté aux autres, que quelquefois ont pouvait avoir des paroles blessantes et que pour éviter qu’une situation s’envenime, il fallait savoir dire pardon. Cela rejoignait la conversation du début, lorsqu’on est en conflit avec quelqu’un, comment garder son estime, sa fierté, sans humilier l’autre ?

releasing balloons during the peace education event<br />

Les enfants ont ainsi pris conscience qu’ils pouvaient agir pour la paix. Ils ont concrétisé cette idée en prenant un engagement écrit qui a été semé grâce au lâcher de ballons organisé en fin de journée. Trente ballons porteurs de messages de paix ont balayé le ciel d’Issy-les-Moulineaux. L’un d’eux a même voyagé jusqu’en Charente ! Et Jordan qui en a réceptionné un autre nous a répondu : "Moi, pour qu’il y ait la paix autour de moi, j’essaye de me montrer le plus responsable possible, ne pas juger les gens, rester poli, garder mon sang froid dans les moments difficiles et respecter l’opinion des gens."