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Que faire dans une société où la loi du plus fort tend à s’imposer ?

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Tel était le thème de l’Atelier-Dialogue en ligne du 5 mars dernier.
L’objectif n’était pas de commenter le monde dans lequel nous vivons mais de penser à la façon dont nous nous y relions.

Ai-je vécu une situation où la loi du plus fort s’est imposée ? Comment ai-je agi ? Quel impact sur moi ? Que ferais-je autrement aujourd’hui ? Nous nous sommes posé des questions précises.

La préparation de la séance en amont avait été un parcours riche de prises de conscience ; en ce temps d’angoisse générée par un déchaînement de la violence à grande échelle dépendance facile des écrans, TV allumée à longueur de journée ; sentiment pourtant d’être intoxiqué par une information souvent  biaisée qui joue sur les émotions premières.  Mais comment se consolider intérieurement ? Entendre des "signaux faibles", sous des formes diverses, qui eux ne s’imposent mais qui pourtant nous invitent à des attitudes plus constructives, orientent notre attention dans des directions porteuses d’avenir et de résilience ?

Le soir de l’Atelier, à la faveur de la répartition en petits groupes et du climat de confiance, ce sont des expériences très personnelles qui émergent. Dans mon groupe, instinctivement nous remontons à notre jeunesse. Nos parcours de vie différents, nos souvenirs se partagent comme du bon pain, même au goût amer des blessures parfois. C’est un enrichissement mutuel. On n'est pas entre ceux qui se sont souvent sentis les plus forts. L'épreuve d’avoir été dominé, humilié l’emporte sur l’inverse ; avec des expériences néanmoins pour construire une résilience qui a tenu la route. Les réussites, les succès, les progrès que cela a permis, même modestes, ont été source d'une confiance en soi bien nécessaire aujourd’hui,

Pour un participant, la force est un aveu de faiblesse. S’appuyant sur son expérience professionnelle, il pense que "parfois il faut laisser le dominateur aller jusqu’au bout de lui-même jusqu’à ce qu’il trébuche, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit". Pour un autre, s’il est difficile de ne pas haïr celui ou celle qui abuse de la force, il faut se souvenir que haine, rancœur, ressentiment nous fragilisent. Un autre encore n’hésite pas à dire que "la meilleure réponse à la force, c’est l’amour" ; le pardon est aussi évoqué. Est-ce audible pour tous ?

On parle vrai. On ne se cache pas non plus la fascination qu’ont parfois exercée sur nous des personnalités fortes, dominatrices, dont on aurait presque accepté la violence "tant leur génie   s’imposait". Aborder le thème du jour sur fond d’actualité internationale, quand la loi du plus fort déclenche des guerres dévastatrices qui nous déstabilisent tous, n’est pas neutre. Le choc des événements extérieurs nous heurtent au pus profond de nos vies.

Un enseignement majeur de la soirée sera pourtant que malgré leur fragilité, en toutes circonstances, celles-ci peuvent devenir des lieux d’édification et de changements qui affectent notre entourage.L’épreuve peut être libératrice d’intelligence, de talents inattendus, de force et de liberté intérieures, sans oublier la compassion qui est aussi mentionnée : « la souffrance rapproche des autres ». Autant d'atouts nécessaires pour se projeter dans l’avenir, au-delà des temps difficiles.

Nathalie Chavanne