Conférences et débats

Les échanges et le partage d'expérience sont au cœur de la tradition et de la démarche d'I&C. Or les occasions de rencontrer ceux qui nous inspirent sont parfois peu nombreuses. C'est pourquoi nous organisons régulièrement des rencontres, des débats et plus globalement des moments qui sont l'opportunité de s'inspirer mutuellement et de se nourrir par le dialogue.

 

Soirées Regards Croisés

Rencontrer ceux qui nous inspirent, trouver la force de s'engager grâce à l'exemple de ceux dont le parcours prouve qu'à coeur vaillant, rien d'impossible.

En octobre 2016, Thomas Ntambu est venu nous présenter son action sur le terrain avec Initiatives et Changement Burundi. Son défi : gagner les hommes à l'intégrité et au souci du bien commun et les aider à traduire leur engagement en action politique dans un contexte difficile. Selon lui, "ce sont les femmes et les hommes intègres qui transformeront l'Afrique".

Le 14 novembre 2017, Daphrose Ntarataze Barampama est ainsi venue présenter son parcours. Elle qui a connu les massacres au Burundi et la haine qui en découle, elle a découvert à Caux les Cercles de Paix, qu'elle a ensuite introduits en Afrique francophone. Un Cercle de Paix rassemble, dans un climat de confiance, des femmes venues de toutes origines qui veulent travailler - par l'écoute intérieure - sur leur aptitude à générer la paix là où elles vivent. Cette démarche, très locale, les invite à poser des actes de pardon et de paix dans leur famille, dans leur quartier, et à réfléchir à l'art d'être artisan de paix. 

En février 2018, la venue de Mylène Sauloy a été l'occasion d'une soirée pleine d'échanges. Les participants ont été très inspirés par sa démarche alliant culture et solidarité. Ses caravanes d'artistes - inspirées par une troupe de danseurs tchétchènes qui affirment que "la culture ne meurt pas sous les bombes" - ont sillonné le Caucase et ses mésaventures à la frontière tchétchène ont beaucoup ému les participants. Son parcours a démontré à l'assemblée que, en dépit des différences linguistiques et culturelles, la culture peut rassembler par-delà les différences. Beaucoup d'enthousiasme s'est fait sentir face à ses projets futurs, au Kurdistan ou en Méditerrannée, une affaire à suivre !

Le 20 Juin 2018, à l'occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés, Estelle Jean, fondatrice de l'ONG Sport for Refugees, est venue échanger sur son parcours. Elle s'est engagée à 23 ans dans le bénévolat, sautant le pas pour partir en Grèce apporter de l'aide sur les camps d'accueil. Elle y a trouvé la motivation, en observant les conditions de vie des réfugiés dans les camps, pour créer à 26 ans sa propre ONG à Lesbos. Le camp d'accueil y est surpeuplé : construit pour 1500 personnes, il en accueille à l'heure d'ajourd'hui près de 9000, une promiscuité source de nombreuses tensions et violences à l'intérieur du camp. Source de bien-être, la pratique sportive permet de prendre conscience que la communication est toujours possible, offrant ainsi la possibilité de (re)construire un équilibre psychique et physique tout en se (ré)inventant une place parmi les autres. Sur une île où les réfugiés en transit dans le camp représentent près de 10% de la population, les compétitions sportives permettent également de créer des interactions entre Grecs et réfugiés - qui terminent souvent sur le podium ! 400 personnes par semaine bénéficient du programme de Sport for Refugees (aujourd'hui Yoga and Sport for Refugees), mené en collaboration avec des réfugiés dont elle met à profit l'expérience, la motivation et les savoir-faire. De cette soirée on retiendra, entre autres, que l'on n’est jamais trop jeune pour agir. Pour Estelle, il faut "avoir conscience que l'on n'a qu'une vie, et prendre conscience de son pouvoir d'action. (…) Il n'y a rien de plus enrichissant que devenir bénévole ou créer son projet".

Le 28 Février 2019, Sarah Zouak, en partenariat avec l’Espace Les Grands Voisins et l'association féministe et antiraciste Lallab, nous a présenté le Women SenseTour - In Muslim Countries est une série documentaire à la rencontre des femmes que l’on n’a pas l’habitude de voir : les musulmanes qui font bouger les lignes ! Sarah Zouak a trop souvent eu l’impression que pour avoir une place légitime au sein de sa société, en France, elle devait nier une partie d’elle-même. Les gens se sont souvent étonnés de la voir épanouie et bien intégrée, comme si la religion était un obstacle à son émancipation et l’empêchait d’être libre de ses choix ... comme si les femmes musulmanes étaient par essence soumises et oppressées. Pourtant, en tant que musulmane, diplômée de grandes écoles et féministe, elle savait que ce n’était pas incompatible, mais pour se construire, elle a eu besoin de modèles. Sauf que ces femmes qui allient sereinement leur engagement pour l'émancipation des femmes et leur foi, on ne les voit jamais ! A 24 ans et avec un sac à dos et une caméra, Sarah décide de alors de partir à la rencontre de ces femmes. Pendant 5 mois, Sarah voyage au Maroc, en Tunisie en Turquie, en Indonésie et en Iran pour rencontrer 25 femmes musulmanes actrices du changement.

 

Le 21 Mars 2019, c'est John Bond, secrétaire du Comité pour la Journée d’Excuses Nationales durant 10 ans, décoré de la Médaille de l’Ordre d’Australie pour son travail qui est venu parlé de son engagement dans cette longue campagne pour la reconnaissance de la "génération volée" des aborigènes australiens. Interdiction de parler leur langue natale, de pratiquer leurs rituels, générations d'enfants volés pour être placés ensuite dans des familles blanches ou dans des institutions, les aborigènes ont été persécutés et dénigrés jusqu'à la parution en 1997 du rapport Bring Them Back Home (Ramenez-les à la maison). Pour la première fois, un document listait clairement les préjudices subis par la communauté aborigène et réclamait qu'une journée de commémoration soit instaurée. Un an plus tard le premier Sorry Day citoyen était célébré. Malgré l'hostilité du gouvernement Australien, près d'un million de personnes a répondu et des centaines d'événements avaient lieu à travers l'Australie. Plusieurs milliers de ces personnes ont ensuite travaillé pendant une décennie pour guérir les blessures laissées par ces politiques. A l'élection d'un nouveau gouvernement, cet investissement communautaire a permis au nouveau Premier Ministre, Kevin Rudd, de présenter des excuses publiques officielles le 13 février 2008, suivi par le Parlement entier.

 

Le 22 novembre 2019, nous avons projeté le film Le Bâtisseur de Paix, revenant sur l'histoire de Frank Buchman, qui fut l'inspirateur du mouvement Initiatives et Changement. De son implication dans la réconciliation entre la France et à l'Allemagne à sa campagne au Japon en passant par son engagement pour la construction de l'Europe, le film retrace ses plus grandes réalisations. Nous sommes également revenus sur ses erreurs et ce que le film n'a pas pu intégrer avec Andrew Stallybrass, historien d'Initiatives et Changement. Résumé de la soirée et des débats qui en ont découlé : ici.

 

Conférences et débats

Les grands thèmes sociétaux qui remplissent les pages des médias méritent de prendre du recul, de prendre le temps d'échanger sur la société qui se transforme et sur le modèle que chacun souhaite porter. Pour cela, I&C organise des événements (conférences et débats) qui permettent à tous de participer à cette réflexion.

Une conférence sur la laïcité a par exemple été organisée au lendemain des attentats pour mieux penser une laïcité commune, protectrice des libertés de chacun, et où tout le monde trouve sa place. 

Le 15 novembre, à l'occasion du festival Migrant'scène organisé par la Cimade, I&C a porté la soirée "Paroles de migrant", une soirée événement qui a donné lieu à des projections ("La vie pour bagage", "25 mars"...) et à des débats, portés par Meriem Mehadji, Gasim Salih, Céline Dumont, Anette Hureaux et Célia Demoor. 

 

Le forum de Caux

Nous soutenons chaque année le forum de Caux qui, par ses conférences, ses formations, et ses espaces de dialogues, vise à inspirer, former et mettre en réseau les individus, les groupes et les organisations pour construire un monde juste, en paix et durable.

Dans un espace sûr garantissant la confiance, l’attention, la solidarité et le respect, environ 1 500 participant-e-s représentant la société civile, le gouvernement et le monde des entreprises se rencontrent dans une vraie diversité d’âges, de genres, de cultures, de secteurs et de croyances, établissant des passerelles entre les divisions culturelles, sociales et ethniques. Le Caux Palace, un ancien grand hôtel de la Belle Époque surplombant le Lac Léman et les Alpes, offre un cadre unique propice à l’inspiration.

Caux encourage les individus, les groupes et les organisations à réfléchir à leur rôle, à explorer leurs ressources et à assumer leurs responsabilités en tant qu'acteurs et actrices du changement, sur le principe que chacun et chacune peut changer les choses.

Lors de ce forum, I&C France a co-organisé le forum CATS (Les Enfants Acteurs de Changement dans la Société).

Une bourse est désormais disponible pour bénéficier d’un soutien financier de la part du fond Michel Sentis (voir Pièce Jointe).