Mardi, octobre 27, 2020

Première rencontre de l'année de "Femmes Complices & Diverses"

 

Les rencontres du groupe de femmes à Versailles ont repris pour la 8ème année, et à travers des conversations sincères elles apprennent à se rejoindre dans leurs diversités. Leur groupe se nomme désormais: « Femmes, Complices & diverses ».

 

Un temps de retrouvailles et d'échanges privilégié 

Ces moments ensemble, quatre ou cinq fois l’an, sont "comme un petit jardin", dit l’une d’entre elles,  où on devient curieuse de l’autre et où on cultive des graines d’amitié, alors que l’actualité  pourrait nous diviser du fait de nos appartenances culturelles ou de nos sensibilités différentes.

En un premier temps, échange de quelques nouvelles personnelles. Marjorie, devenue conseillère de quartier, peut désormais promouvoir ses idées en faveur d’un environnement plus écologique ; Muriel s’est remise à l’étude de l’Allemand. Avec son mari et des amis, Fanny a réalisé une marche de 260 km à travers la France tandis que Nadia est  fière d’annoncer qu’elle a créé un petit groupe de marche et qu’elle a fait 8km à l’extérieur de Versailles. Mais ce que Nadia a surtout envie de raconter, c’est l’impact qu’a eu sur elle le récit en juin dernier de Christine, qui a partagé son engagement au sein d’une association humanitaire, l’ACAT, et parlé d’une correspondance de groupe avec un prisonnier en Amérique.

 

Le Covid au coeur de la rencontre

La réunion se poursuit sans thème d’échange prévu à l'avance. Un petit temps de silence permet à chacune de débusquer au fond d’elle-même un sujet dont elle aimerait qu’on parle. Une convergence se dégage et c’est Marjorie, la psy du groupe, qui animera la séquence suivante sur le thème : Le Covid et moi. « Pas de généralités, dit-elle ; je veux  entendre vos ressentis personnels face au phénomène de l’épidémie et aux restrictions qui en découlent. »

« Moi, je suis très mécontente que ma voisine ait enlevé son masque pour parler », se lance Fanny. L’amie concernée exprime son doute face à la contagion. Vives interventions d’autres qui, déversant des expériences dramatiques, la raisonnent. Le débat est animé. Puis Fanny invite à sortir du cycle des mauvaises nouvelles en racontant comment dans son entourage elle a vu des liens étonnants se tisser entre des personnes, précisément du fait de l’adversité des circonstances. Et chacune, maintenant, renchérit dans ce sens : nul doute, par delà les drames, le COVID a régénéré bien des liens humains, que ce soit dans des villages ou à des balcons d’immeubles.

Mais Nicole parle d’une amie qui redoute de perdre son travail du fait des restrictions économiques, elle qui a quatre enfants à nourrir. Christine parle de proches âgés qui, privés de visite dans leur EPHAD, dépérissent tragiquement. Pour Odile, cela a été un choc de voir soudain l’attitude surprotectrice de ses enfants à son égard : « Tout à coup, je me suis sentie vieille alors que jusqu’à présent c’était moi généralement qui protégeais ! ». Puis, Aïcha parle de son village d’origine au Maroc, Khaleda du sien au Bangladesh : les gens continuent à travailler là-bas, préférant la sécurité économique à la sécurité sur le plan de la santé.

Et "qu’en est-il de chacune de nous face à des directives publiques moins tranchantes que lors du confinement complet ? " demande Marjorie, « quels critères personnels se donner ? » Elle nous donne sa recette : avant chaque rencontre avec un patient, je descends en moi-même et je me demande ce qu’il convient de faire par rapport à la personne en face de moi, pour qu’elle et moi nous sentions à la fois dans la sécurité mais aussi dans le réconfort de la relation. 

 

Puis on se souhaite mutuellement de repartir chacune assez chargée d’optimisme pour résister aux mauvais virus du moment.