Vendredi, août 2, 2013
Les enfants, acteurs de changement de la société

A Caux, l'équipe communication d'I&C France était présente à la conférence CATS sur les enfants acteurs de changement de la société, qui s'est déroulée du 23 au 30 juillet 2013. Elle a ainsi pu interroger un échantillon de huit enfants âgés de 11 à 23 ans venus du monde entier, sur leurs expériences et leurs motivations à assister à cette conférence. Voici leur témoignage.

 

Andreas Nicolaou, 15 ans, chypriote.
Membre du Parlement des enfants à Chypre ( www.pccpwc.org )

Peux-tu expliquer comment le Parlement des enfants fonctionne ? Nous sommes élus par des enfants. Dans chaque école élémentaire, on vote pour 1 représentant. Au niveau national nous sommes 56 enfants élus pour 2 ans, représentant tous les enfants de 0 à 18 ans. Les représentants sont âgés eux-mêmes de 14 à 18 ans. Je suis moi-même recteur.

Comment avez-vous entendu parler de la conférence CATS? Eurochild nous a contacté. Pour des raisons financières nous sommes seulement deux à avoir pu venir. Nous avons été choisis en fonction de nos compétences linguistiques et nos centres d’intérêts, puis tirés au sort.

As-tu apprécié la conférence ? As-tu une recommandation pour améliorer la conférence ? J’ai beaucoup apprécié cette conférence. J’aurais aimé que le nombre d’enfants et d’adultes soit égal, et que les enfants puissent participer dès le premier jour.

Qu’as-tu appris de ces jours de conférence ? J'ai pu pratiquer mon français, mais surtout apprendre comment collaborer avec des enfants et des adultes du monde entier. Cette conférence m'a aussi ouvert les yeux sur la façon dont d'autres enfants vivent au sein de leur communauté et quels étaient leurs besoins au quotidien.

Que voudrais-tu faire plus tard ? Rien qui n’ait à voir avec la politique. J’aimerais travailler dans le secteur des droits des enfants.

 

Tom Creuse, 23 ans, français.
Membre du Conseil Régional des Jeunes d’Ile-de-France
( www.iledefrance.fr/crj )

Peux-tu nous parler du Conseil Régional des Jeunes (CRJ) ? Le CRJ a été créé en 2004 par le conseil régional pour représenter la voix de la jeunesse (les 16-23 ans) : c’est un organe consultatif. Nous sommes 140 membres, volontaires, issus des huit départements franciliens. Notre mandat est de 2 ans non renouvelable.
Les candidats sont tirés au sort sur la base du volontariat en fonction de la parité fille-garçon et issus de 6 collèges : enseignement secondaire général, enseignement professionnel, enseignement supérieur général, en activité professionnelle, apprentis, sans emploi/en insertion. Une soixantaine de jeunes participent régulièrement aux travaux du CRJ. Il y a environ trois séances plénières par an et des réunions hebdomadaires au sein des commissions thématiques.

Quelles sont vos missions, en pratique ? Nous écrivons des rapports (qui émanent de saisines ou auto-saisines), mettons en place des actions citoyennes et réalisons des projets.
Pour la conférence nous sommes 5 membres chargés de rédiger un rapport pour la Région IDF que nous adresserons à tous les membres du CRJ.

Et toi, quel est ton parcours et ton rôle au sein du CRJ ? J’ai étudié les mathématiques et l’informatique. Je travaille actuellement dans l’administration, au CROUS. Dans le CRJ, je fais partie du collège « En activité professionnelle »  et de la commission Environnement et je m’implique aussi dans le groupe de travail « l’université, l’école de demain », thématique qui fait partie de la commission « Orientation, études, emploi ».

Comment avez-vous été sélectionnés ? Nous avons été choisis parmi les membres titulaires, bilingues anglophones et majeurs, au prorata de notre implication dans le CRJ.

Quelles ont été tes motivations pour assister à la conférence CATS ? Je suis intéressé par Janusz Korczak, mais c’est aussi pour développer ma culture générale et pour en savoir plus sur les différentes associations et ONG participantes.

Quelles seraient tes recommandations pour améliorer la participation des jeunes ? Il serait intéressant d’avoir plus de conseils de quartiers et pas seulement dans les conseils existants. Aussi, l’apprentissage de la citoyenneté gagnerait à être plus sérieusement enseigné.

Que veux-tu faire plus tard ? Evoluer dans l’administration.

 

Alexandrine Yala, 23 ans, française.
Membre du Conseil Régional des Jeunes d’Ile-de-France
( www.iledefrance.fr/crj )

Quel est ton rôle dans le CRJ ? Je suis membre titulaire du collège « Sans emploi ou en Insertion ». Je fais partie des commissions « Lutte contre la discrimination » et « Communication ». On peut rejoindre plusieurs commissions, tant qu’on a le temps de s’y investir. Par ailleurs, je viens de terminer mon service civique dans la Fédération nationale des Maisons des Potes.

Pourquoi voulais-tu venir à Caux ? Pour découvrir différentes perceptions de l’enfance et différents systèmes éducatifs.

Qu’y as-tu appris ? Pourras-tu utiliser ce que tu as appris directement ? J’ai appris beaucoup sur le coté international (systèmes éducatifs et cultures). Nous transmettrons à nos conseillers régionaux certaines pistes qui paraissent intéressantes pour les jeunes d'Ile-de-France.

Quelles sont tes recommandations pour améliorer la conférence ? Mettre au point plus d’exemples pratiques et de propositions concrètes. Il serait bien d’avoir plus de rencontres entre jeunes et de pouvoir choisir notre workshop en fonction de la thématique.

Que veux-tu faire plus tard ? Je voudrais travailler dans les relations internationales. L’éducation n’est pas mon thème de prédilection.

 

Maryanna Roman, 17 ans, roumaine.
Membre de l’association française Intermèdes-Robinson,qui se propose de réinvestir pour des activités de convivialité, sociales et éducatives, les espaces délaissés de la ville, et entre autres les camps Roms
(
http://assoc.intermedes.free.fr/ )

Comment as-tu intégré l’association Intermèdes-Robinson ? Quand j’avais 7-8 ans, le directeur de l’école avait invité l’association. J’ai tout de suite accroché et m’y suis investie.

Pourquoi ? C’est une association chaleureuse, ou je me sens bien. C’est un peu comme une grande famille. J’aime bien les activités d’aide aux jeunes en difficulté.

Comment tes parents ont réagi ? Mes parents sont amis avec Laurent Ott, le président de l’association. J’ai toujours été assez indépendante et mes parents ont confiance dans mes décisions.

Quelles activités fait l’association ? Et toi, quel est ton rôle ? Je suis bénévole (adhérente). J’ai fait mon stage de 3ème au sein de l’association comme animatrice et j’ai pu aller une fois dans un camp Rom avec eux. L’association organise plusieurs types d’activités : des activités avec les enfants sur le terrain (ateliers et camion-école), des soirées mensuelles, et des activités pour les ados. Cette année on a pu fait de l’apiculture et un voyage à Barcelone.

Quelles ont été tes motivations pour assister à la conférence ? Le concept CATS est très intéressant. Je voulais aussi rencontrer plusieurs jeunes de nombreux pays, et connaître différentes cultures.

Qu’as-tu appris ? Je me suis remise en question, et enrichie d’idées nouvelles. J’ai pu pratiquer mon anglais aussi.

Quelles remarques voudrais-tu faire ? Les enfants ne sont pas assez écoutés. Si les enfants allaient à l’école, ils seraient plus éduqués et plus intégrés. Je pense que pendant la conférence les adultes et les enfants étaient bien intégrés.

Que veux-tu faire plus tard ? Psychologue.

 

Itzayana Silva, 15 ans, nicaraguayenne (Managua).
Membre du Réseau des enfants, adolescents et jeunes du Nicaragua (Red NNAJ). Voir: http://www.visionmundial.org.ni

Pourquoi voulais-tu venir à CATS ? Je suis venue représenter mon réseau nicaraguayen mais aussi l’Amérique latine et les caraïbes. Mon but est de faire en sorte que la participation des enfants soit respectée, car très souvent les enfants ne sont pas écoutés.

Quel est ton rôle au sein de ce réseau ? Je suis coordinatrice sur les thèmes de Droit. Par exemple, j’ai fait partie d’une campagne intitulée « J’utilise ma voix contre la violence à l’égard des enfants », pour sensibiliser la population. Nous organisons aussi des marches de 2h30 de communauté à communauté sur le territoire, et des visites dans les maisons pour parler avec les adultes (par groupe de 3 : un jeune de 17 à 25 ans, un ado de 13 à 16 ans, un enfant de 7 à 12 ans).

Comment as-tu rejoint ce réseau ? J’avais reçu une invitation au collège.

Qu’as-tu appris de cette conférence ? Je connaissais déjà les thèmes abordés. La plus belle chose a été de pouvoir partager avec tous mes amis de pays différents l’effort conjoint dans l’aide aux enfants.

Que veux-tu faire plus tard ? Organiser des groupes d’enfants qui puissent prendre eux-mêmes les décisions, avec l'appui des adultes.

 

Ana Valeria, 11 ans, péruvienne (Tarma).
Membre de l’organisation des enfants et adolescents combattants héros de Tarma (NNALPROT). Voir: http://infantnagayama.org/

Quelles activités fait ton organisation ? Des campagnes comme Enfance sans violence (« Infancia sin violencia »), des actions de sensibilisation des adultes, des ateliers et réunions sur des thèmes précis avec les adultes.

Et toi, quel est ton rôle ? J’organise l’avant et l’après des activités, au rythme d’une fois par semaine.

Pourquoi es-tu venue à CATS ? Pour représenter mon organisation et rapporter comment on travaille sur le droits des enfants dans mon pays.

Qu’y as-tu aimé ? et appris ? J’ai beaucoup apprécié l’échange d’idées et d’expériences. C’est la première fois que je sors de mon pays et je suis heureuse d’avoir pu découvrir qu’il était facile pour des enfants de pays différents de pouvoir vivre ensemble. J’ai appris sur les différentes façons pour les enfants de participer.

Une recommandation ? Que les enfants et les adultes aient l’opportunité de vraiment travailler ensemble.

Que veux-tu faire plus tard ? Je voudrais être avocate.

 

Franz Alexander,11 ans, péruvien (Iquitos).
Membre de l’organisation des enfants de San Andrés (ONNSA).
Voir:
http://infantnagayama.org/

Pourrais-tu présenter ton organisation ? Mon organisation met sur pied des campagnes comme le festival de l’eau, enfants à la rescousse (« niños al rescate »), les maisons tendresses (« casas ternuras »), les petits cuisiniers (« cocineritos »).

Quel est ton rôle ? J’aide les plus jeunes enfants à s’organiser.

Pourquoi es-tu venu à CATS ? Je veux rendre mon groupe plus fort, pour qu’il puisse se développer, tout comme ma communauté.

Qu’y as-tu appris ? A travailler en groupe et se répartir les taches, à parler devant les adultes.

Quel aspect de la conférence voudrais-tu améliorer ? J’aimerais que les groupes de travail comporte des adultes et des enfants mélangés.

Que voudrais-tu faire plus tard ? Du théâtre.

 

Flor de Maria, 16 ans, péruvienne (Lima).
Membre de l’organisation des enfants, adolescents et travailleurs artistes de Villa El Salvador. Voir: http://infantnagayama.org/

Quelles actions mène ton organisation ? De la sensibilisation au travers de l’art, et notamment nous mettons en place des jeux, du théâtre, du fundraising, et un cinéma communautaire.

Quel est ton rôle ? Je suis coordinatrice. Je participe aussi au Conseil consultatif des enfants et adolescents de Lima métropolitaine.

Pourquoi as-tu décidé de t’engager pour défendre les droits des enfants ? Un jour à l’école j’ai appris que 90% des enfants péruviens étaient victimes de violence. Je l’ai moi-même été quand j’étais petite et c’était normal, ca faisait partie de la culture. Quand on m’a fait comprendre que ce n’était pas normal que les adultes usent de violence physique envers les enfants, j’étais révoltée, et j’ai voulu que cela s’arrête pour mes petits frères et sœurs. A force de mettre des affiches explicatives dans la maison, mes parents ont compris eux-aussi que ce n’était pas bien, et nous avons pu en parler ensemble. Aujourd’hui je suis heureuse que mes petits frères et sœurs ait échappé à la violence. Je milite pour que la chaîne de la violence physique soit rompue, c’est une lutte quotidienne.

Pourquoi venir à CATS ? Pour connaître les autres expériences possibles dans le champ de la participation des enfants. A Lima nous faisons toujours la même chose, et je suis venue chercher de nouvelles idées à transposer et appliquer dans mon pays. J’ai beaucoup aimé l’initiative contre l’alcool mis en place par les enfants en Inde, et aussi j’ai été impressionnée par le système de santé et d’éducation gratuit en Grande Bretagne. J’aimerais que ca soit le cas au Pérou dans les années qui viennent. Au Pérou nous conquérons chaque jour nos droits, ils ne sont pas acquis comme c’est le cas en Grande Bretagne.

Que changerais-tu de la conférence ? La méthodologie, j’aimerais que l’on soit plus mélangés les adultes et les jeunes. Aussi j’ai trouvé les adultes tendus, ils doivent se détendre. Il faudrait organiser plus de jeux ensemble, car le jeu est un bon moyen d’apprendre.

Que voudrais-tu faire plus tard ? Finir mon apprentissage de la langue anglaise puis apprendre le français.  Après cela j’aimerais me consacrer aux sciences politiques et à la sociologie.

 

             - Propos recueillis, traduits et retranscrits par Lorraine Chrétien. -