Vendredi, août 5, 2016

"Après ma première exposition les gens ont cessé de m'appeler Le garçon et ont commencé à m'appeler Le génie"

L’un des participants qui a marqué cette conférence 2016 est le jeune bolivien de 18 ans, Esteban Quispe. Son parcours est fascinant : depuis l’âge de 10 ans, il conçoit des robots à partir de déchets recyclables. Enfant modeste de Patacamaya , il est d’abord rejeté par ses camarades de son village puis son talent lui apporte une certaine notoriété : il devient  le « génie bolivien » et notamment l’inventeur du robot Wall-E . Aujourd’hui, il tient à encourager les autres jeunes et enfants à réaliser leurs ambitions de changer le monde. Il est conscient que son exemple peut être utile à la cause des Droits des Enfants et cherche à s'engager activement. Nous l'avons rencontré à l'occasion de la conférence CATS en Août.

 

Esteban, est-ce la première fois que tu viens à Caux pour la conférence CATS? Comment te sens-tu? Comment se passe ton expérience?

C’est une très belle expérience pour moi et tout à fait inédite. C’est la première fois que j’ai l’opportunité de voyager à l’étranger. Jusqu’à présent, je voyageais seulement dans mon pays.

 

Pourquoi es-tu venu à CATS?

Je suis venu car je m’intéresse à la force et à la volonté de tous les enfants du monde entier à changer le monde. Ici, à CATS,  nous construisons cela.

 

As-tu rencontré des personnes qui t’ont inspiré?

Je trouve que toutes les personnes sont inspirantes: chacun a son histoire, et ses petits défis à relever. C’est très impressionnant.

 

Une personne en particulier t’a marqué?

Oui par exemple, Maria Belen qui fait partie de l’équipe organisatrice. C’est la personne qui m’a invité à venir à CATS. Elle travaille souvent avec des gens très importants, elle m’a considéré comme tel.

 

Ton parcours est exceptionnel car tu crées des choses à partir de déchets recyclables. Tu peux nous en dire plus ?

Oui je fais des robots, je fais ça depuis l’âge de 10 ans. J’ai commencé à faire des serveurs à partir de fils métalliques.

 

Comment t’es venu l’idée de concevoir des robots ?

Au début, ce que je faisais était artisanal, je voulais aider mes parents dans leur travail d'agriculture. Un jour, une personne du monde de la banque s’est intéressée à mon travail. Elle m’a demandé de faire fonctionner une moto qu’elle voulait offrir à son fils pour son anniversaire.

 

Comment cette personne a découvert ton talent ?

J’étais bien connu à mon village à Patacamaya mais je n’étais pas connu dans toute la Bolivie. C’est grâce à la vente de produits artisanaux dans la rue et aussi des banques que l’on m’a connu.

J’ai aussi fait des robots à partir de déchets recyclés qui avait pour fonction de sortir des déchets mais je n’en fais plus maintenant. Mon but aujourd’hui est de faire des robots pour trier des déchets.

 

Quel message veux-tu passer aux enfants et aux jeunes qui veulent contribuer à construire un monde plus durable, juste et équitable et qui veulent apporter des solutions ?

La question de la famine dans le monde doit être solutionnée mais je pense aussi qu’il est important  d’écouter les enfants et leur donner l’impression qu’on les écoute car actuellement les adultes prennent des décisions et font tout et laissent les enfants de côté. Il faudrait les intégrer aussi car ils ont beaucoup de capacités et d’idées que nous ne soupçonnons pas.

 

Quels sont les deux objectifs qui te tiennent le plus à cœur et pourquoi ?

L’éducation et la pauvreté. La politique aussi qui est en relation avec la justice j’ai l’impression que les politiciens ont plus de pouvoir que les autres citoyens et cela n’est pas juste.

 

Penses-tu que ton parcours pourrait servir d’exemple pour les jeunes qui souhaitent se lancer pour participer à proposer des solutions ?

Les enfants en Bolivie me connaissent. Très souvent quand je suis dans la rue, ils disent :  « Esteban c’est toi le créateur du robot Wall-E ! » j’essaie de profiter de cette notoriété pour aller rencontrer ces enfants et leur parler.

J’organise d’ailleurs des petits réunions avec certains pour leur faire comprendre qu’ils peuvent aussi faire beaucoup de choses. C’est aussi important de développer la force et la volonté des enfants, j’essaie de leur faire comprendre que demain ça peut être l’un d’entre-eux qui créera quelque chose d’incroyable pour le monde. On dira un jour « regarde c’est Victor qui a crée un dinosaure vivant »( rires)

 

Crois-tu que CATS aura un impact dans ta vie par la suite ?

Après CATS, je pense que je veux contribuer ailleurs en faisant la même chose que je fais en Bolivie avec des enfants. Je les rencontre très souvent pour leur transmettre mon message car je pense que chaque enfant a un talent unique, dans mon cas, ce fut la construction de robot. Si on réussit à transmettre l’importance de la force et de la volonté, on peut réussir beaucoup de choses.

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