Mercredi, juin 12, 2019

Child Rights in Action Illumination #1 : Les droits des filles

 

La situation des filles dans le monde.

Dans de nombreux pays et notamment dans les pays en voie de développement, les filles sont les premières victimes de violation des Droits de l’enfant.  Les filles subissent des discriminations doubles : d’abord à cause de leur âge mais aussi à cause de leur sexe, souvent considéré comme « le sexe faible ». En plus de cette exposition à cette double discrimination, se rajoutent souvent d’autres facteurs (handicap, pauvreté…) leur rendant sujettes de triple discrimination.

Cette situation discriminatoire où les filles sont mises en marge de la vie active de la société parce qu’elles sont nées « filles » se traduit par une privation de leurs droits, de leur indépendance, de leur émancipation et d’éducation

Nombreux sont les freins et les barrières se mettant au travers de l’émancipation et à l’éducation des filles dans le monde :

  • La tradition culturelle et le poids du patriarcat : Dans certaines sociétés les filles sont considérées comme étant des êtres inférieurs et souvent comme des fardeaux dont la destinée est directement rattachée à l’accomplissement de tâches ménagères pour leur famille. Dans ces cas de figures, les parents vont essayer des très vite s’en débarrasser en les envoyant en mariage.
  • Les mariages forcés : Cette tradition entraîne ainsi de nombreuses filles à abandonner leur enfance et leur scolarité au profil de l’étiquette de « femme au foyer ». On compte ainsi 12 millions de filles mariées de force chaque année ; soit 48000 filles par jour âgées de 12 à 17 ans (Statistiques Plan International Canada 2019). Ces mariages forcés, souvent précoces entraînent les petites filles à porter des grossesses ; mais surtout les exposent à des violences physiques et morales qu’elles ne peuvent pas combattre car sont maintenues dans un statut inférieur à l’homme.
  • L’ignorance des lois et des droits humains et des enfants : Le manque d’éducation de certains parents participe à la culture de ces pratiques traditionnelles discriminatoires à l’encontre des filles. Ainsi dans de nombreux pays, les violations des droits des filles sont banalisées tant elles sont répandues et vont même jusqu’à être normalisées.

 

90% des filles de 10 ans vivent dans les pays en voie de développement.

Pour de nombreux économistes, le progrès dans les pays en voie de développement repose en grande partie sur l’amélioration urgente du sort des petites filles. Or, ce sont dans ces pays que les petites filles sont le plus exposées aux questions liées aux discriminations dues à leur sexe. En effet dans ces pays, les familles vivent souvent dans des conditions d’extrême pauvreté et pour répondre aux différents besoins, certaines privilégient l’éducation des garçons plutôt que celle des filles qui elles, sont réduites en aide-ménagère ou envoyer en mariage.

« La place donnée aux femmes et filles dans la société est également problématique. Puisque celles-ci ne sont pas à l’abri d’abus physique et de soumission au sein de leur foyer que ce soit à leur père ou ensuite à leur mari. En outre, les filles n’ont souvent pas le choix que de se soumettre à un mariage arrangé par leur famille et elle supporte la responsabilité du succès de celui-ci. C’est aussi dans ce cadre que beaucoup de jeunes filles se voient refuser une éducation à laquelle elles ont pourtant droit, car leur famille ne voit pas l’intérêt d’éduquer leur fille dont la simple vocation, à leurs yeux, est de devenir épouse et mère.

En outre, les filles habitant dans les parties les plus pauvres du pays font face à des difficultés supplémentaires. En effet, le manque de sanitaire est un problème majeur des bidonvilles. Le manque d’eau potable est également un problème urgent, qui entraine de nombreuses maladies qui ne sont pas toujours soignées par manque de connaissances des filles sur ses maladies. Le problème de l’hygiène des filles durant leur menstruation reste aussi problématique : celles-ci n’ont pas accès à des protections adéquates et utilisent souvent du coton qu’elles doivent laver et réutiliser. Les activités criminelles telles que la prostitution ou le trafic des jeunes filles restent également un sujet d’actualité. » Aditi (Inde), membre de l’équipe Child Rights In Action.

 

Quelles solutions face à cette situation ?

« Il n’existe aucun instrument de développement plus efficace que l’éducation des filles » Koffi AnnanGala Annuel sur la Santé des Femmes,2004.

 

Si les filles sont soutenues dès l’enfance, elles pourront s’émanciper et favoriser la croissance, enjeu de taille dans les pays en développement. Ce soutien pour beaucoup d’intellectuels et de dirigeants du monde n’est d’autre que l’éducation des filles. L’éducation donne l’opportunité aux femmes de vaincre la discrimination et donc de contrecarrer les pratiques traditionnelles et de changer les choses en leur faveur. L’instruction des jeunes filles leur permet d’avoir une conscience plus aiguë de leurs droits, et de jouir de plus de confiance et de liberté pour prendre les décisions susceptibles d’affecter leur existence, d’améliorer leur santé et leurs chances de survie ainsi que celles de leurs enfants, et d’accroître leurs perspectives d’emploi. De plus l’éducation des filles serait pour les pays voie de développement un moyen de favoriser l’économie, enjeu de taille pour eux.

Selon Babatunde Osotimehin, ancien directeur général du fond national pour les populations, l’investissement des pays développés dans l’éducation, le bien-être et l’indépendance des filles de 10 ans leur rapporterait 21 millions de dollars par an (Fond des Nations Unis pour la population (FNUP) Rapport de 2016 sur la situation de la population).

 

« Bien que l’éducation des jeunes filles soit une arme puissante pour leur émancipation et leur bien-être, il faudrait également sensibiliser les individus/ l’entourage se trouvant autour des jeunes filles car dans bien souvent des cas lorsque les jeunes filles ont cette opportunité d’être scolarisées, certaines barrières s’opposent encore à elles. Tradition et culture, très présentes dans certains reste un poids important face à cette émancipation des jeunes filles qui malgré une très bonne éducation scolaire se retrouve néanmoins contraintes à obéir à leur tradition contre leur gré (excision, mariages arrangés…). La sensibilisation des pairs aux problème des jeunes filles est donc une question ne devant pas être prise à la légère car est un facteur important à leur indépendance. » Lolita (d’origine camerounaise) Membre de l’équipe Child Rights In Action.