Lundi, décembre 2, 2019

Cercle Interculturel de Femmes : « Arrêtons le gaspillage ! » 

 

Ce vendredi 15 novembre, ce n’était pas un simple groupe de femmes avisées qui se retrouvait sur un thème d'actualité. C’étaient des amies qui avaient bravé le froid précoce et les ondées de neige fondue pour amorcer une sixième saison de rencontres sous le signe du slogan « Sois le changement que tu veux voir dans le monde » (ndlr : le slogan d’I&C). Autour d’une table de maison de quartier, les participantes ont tout d’abord échangé les dernières nouvelles personnelles de manières informelle. Odile Canneva, fondatrice du groupe, a ensuite aiguillé la conversation avec sensibilité pour préserver la spontanéité des échanges tout en évitant la dispersion.

 

Le thème du gaspillage, largement interprété

 

Le thème du jour avait l’avantage de permettre une grande liberté sur les interprétations possibles du gaspillage. De fait, à l’approche de l’hiver, plusieurs ont exprimé une profonde fatigue, rappel que nos santés sont aussi de précieux atouts à ne pas gaspiller. Comment, face à ce qui nous pèse, garder un juste recul pour ne pas épuiser nos forces physiques et morales ?

 

Nadia a raconté comment trop de pressions l'ont conduite à s’accorder un vrai lâcher-prise dans la gestion de sa vie de famille. « Je n’ai pas eu le choix, je ne savais pas gérer mes émotions et quand ça devenait trop difficile ça faisait des dégâts. » Elle se sent en meilleure santé aujourd’hui. Pour d’autres ce lâcher-prise est plus difficile car il est associé à la peur de perdre quelque chose : le contrôle de la situation, des opportunités intéressantes, l’estime de soi, sans parler du regard des autres. Et pourtant trop de fatigue devient un indicateur de forces mal employées. 

 

Petite oasis ensoleillée dans la conversation : Aïcha a raconté son mois de vacances avec son mari l’été dernier au Maroc découvrant en touristes les charmes de leur pays d'origine. Car notre groupe de femmes c’est aussi cela : ces pas de côté qu’on s'accorde, en marge du sujet central, et qui permettent d’entrer un peu dans la vie les unes des autres...

 

Catherine a partagé une expérience d’accompagnement dans sa paroisse chrétienne ; cela a été l’opportunité pour certaines, juives ou musulmanes, de découvrir avec étonnement que dans la foi catholique, le divorce n’est pas reconnu sauf dans des cas précis de forces majeures. Même l’incapacité d’une femme d’avoir des enfants ne constitue pas en soi une raison pour qu’un homme la quitte ou se marie avec une autre. « C’est bien quand on apprend des choses sur nos religions comme ça, entre nous », note l’une d'elles.

 

Le gaspillage, écologie et zéro déchet

 

Puis Nadia nous a parlé d’un séjour récent en Algérie où elle a constaté que la pauvreté facilitait spontanément le "zéro déchet". On est ainsi revenues au thème du jour. Aicha, ayant grandi en milieu rural, est spontanément familière des pratiques dites biologiques aujourd’hui dans l’agriculture. Elle connait aussi les vertus médicinales des plantes. Et ainsi, pour trois d’entre nous, depuis longtemps, vinaigre blanc et savon de Marseille sont les produits d’entretien de base, « quitte à y ajouter quelques gouttes de lavande pour parfumer l’atmosphère » conseille Aïcha, « car on a besoin de sentir le propre » !

 

« Mais vos pratiques, c’est la mort des entreprises pour lesquelles travaillent mes fils », dit Odile, qui avoue toutefois que ses enfants sont plus "écolos" qu’elle, pour qui rapidité et efficacité l’emportent, au vu de sa vie très active. 

Marjorie demande : « Pour chacune de vous, quelle est la grande priorité écologique ? ». Pour certaines, c’est l’agriculture, la pollution des villes, mais pour plusieurs c’est le plastique, avec ces horribles marées de décombres qui contaminent les océans et empoisonnent les poissons.

 

Nul doute, à nous toutes nous constituions un groupe déjà bien avisé et sensibilisé aux bonnes pratiques, même si l’une de nous, se disant féministe, ne voudrait pas voir les femmes retenues à la maison pour retourner à d’anciens usages plus écologiques mais donnant plus de travail domestique, comme le renoncement aux couches de bébé ; même si on dit qu’elles prennent des décennies à se dégrader !

 

« Pour éviter tout gaspillage de parole », conclut Odile, « je propose que nous prenions un petit moment en silence, simplement pour laisser remonter ce qui nous a spécialement marqués dans nos échanges aujourd’hui ». Le répondant est immédiat. Au terme de cet instant, une participante propose comme sujet prochain : la méditation. « Au fond, je ne sais pas ce que c’est, à quoi ça sert, comment on la pratique ? »  L’idée est retenue.