Jeudi, février 13, 2020

La Méditation à quoi ça sert ?

 

Un concept, des visions différentes de la méditation

Années et saisons se succèdent, le groupe interculturel de femmes à Versailles persiste ; lieu d’amitié et de conversations qui rapprochent, en des temps où différences ne riment plus souvent avec confiance

« La méditation, qu’est-ce que c’est, à quoi ça sert ? » Tel était le thème de ce vendredi 7 février, dont le soleil hivernal nous réchauffait bien à travers la fenêtre de la salle.

Pour Muriel méditer c’est perdre son temps quand il y a tant à faire. La détente, ce n’est pas son truc.

Mais Aïcha enchaîne : « Moi, j’ai besoin de moments pour faire le vide dans ma tête, me recentrer. Je me re-demande pourquoi je suis là, comment aller vers les autres. »

Pour Marjorie la méditation c’est « se connecter avec une dimension cosmique, au-delà de notre vie quotidienne ». Mais il est important de prendre en compte ses émotions. Celles-ci peuvent s’exprimer à travers des sons qui traduisent les vibrations qu’elles suscitent dans notre corps. Dans son cabinet de psychothérapeute, elle a soulagé récemment une patiente d’un mal de dos en l'invitant à émettre des sons.

Pour Khaleda, méditer c’est "penser à quelque chose en profondeur, chercher une réponse au fond de soi ».

Maylis raconte qu’on lui a conseillé la méditation pour enrayer un stress profond. Elle a trouvé une application sur son téléphone qui lui a convenu et s’entraîne à l’art de trier et calmer ses pensées. « Accompagné par une musique de son choix, on ferme les yeux, on respire puis on visualise les pensées comme des bulles sur lesquelles il faut souffler pour les repousser. »

 

 

 

 

 

Un supplément de forces et de fécondité

Odile associe la méditation à l'oraison dans la pratique religieuse chrétienne. « J’ai longtemps pensé qu’il fallait se déconnecter de soi. J’ai découvert qu’au contraire il fallait se reconnecter à son corps, et pour cela commencer par arrêter le petit vélo des pensées qui défilent dans ma tête. »

"La difficulté pour moi, c’est que je ne m’aime pas dans mon corps », dit une participante. Une autre nous apprend que dans la religion juive, on est invité à "la gratitude corporelle quotidienne", remerciant pour chaque fonction qui permet de vivre, de bouger, d’avancer. Une musulmane décrit les postures de la prière dans sa foi : en plus du culte à Dieu, « elles sont pensées pour faire travailler en douceur, plusieurs fois par jour, des parties cruciales du corps, le dos, les articulations, la respiration … »

Pour Nadia, la méditation c’est « se recharger pour augmenter ses forces »

Sur cette lancée, Nathalie raconte que le fondateur d’Initiatives et Changement, Frank Buchman, a trouvé discernement et fécondité d’action dans la pratique du « recueillement ». Certaines autour de la table ne connaissent pas ce mot. Rattaché à "l’écoute de la petite voix en soi", il parle tout à fait à l‘une des participantes originaire d’un pays proche de celui du Mahatma Gandhi

Nathalie, lors de sa rencontre jeune fille avec Initiatives et Changement, avait été fascinée par la pratique du silence et de l’écoute intérieure. Elle se souvient de l’impact qu’a eu son partage à l’époque, lors d’un voyage en Inde, avec une toute jeune indienne. Des années plus tard, elle a reçu une lettre de celle-ci : la jeune femme racontait que grâce à l’écoute de sa voix intérieure elle avait trouvé la force de résister à un mariage imposé par ses parents et allait maintenant se marier avec l’homme qu’elle aimait.