Vendredi, décembre 23, 2016

Le 5 décembre dernier, un cycle de rencontres intitulées Actu-Dialogue était lancé. Ces rencontres mensuelles s'adressent à tous ceux qui se sentent concernés par l'esprit d'Initiatives et Changement, souhaitent s'inspirer de toute sa richesse et s'y impliquer sans nécessairement participer aux trois programmes spécifiques que sont Initiative-Dialogue, Enfants acteurs de changement (CATS) et Paix et bonne gouvernance. Leur réflexion, qui débouchera peut-être sur des initiatives nouvelles, vise 4 objectifs :

1.       Nous laisser interpeller par ce qui se passe autour de nous.

2.       Confronter nos perceptions et nos ressentis.

3.       Faire avancer la conscience collective de notre pays.

4.       Offrir des repères hors de toute polémique.

La démarche s'appuie sur la conviction des animateurs que chacun de nous peut jouer un rôle, individuellement ou collectivement et que nous devons être une force de proposition.

Dix huit participants étaient ainsi réunis autour de quatre tables, la plus grande partie de la soirée se déroulant sur le modèle des espaces de dialogue où l’échange en groupes prédomine.

De nombreux sujets de discussion ont pu être évoqués au cours de ces deux heures de débats. Parmi les principaux thèmes abordés, la poussée des extrémismes, l’accueil des migrants et surtout le désaveu pour la politique ont donné lieu aux échanges les plus nourris.

La montée de l’extrémisme a été identifiée par les participants comme l’une des actualités les plus vives de ces derniers mois. Pour eux, ces cinq dernières années ont cristallisé beaucoup de tensions notamment entre musulmans et non musulmans conduisant à une montée des extrêmes dans les deux camps. Certains intervenants mirent à ce titre en lumière l’opposition – toujours plus radicale - entre partisans d’un ordre moral et partisans de la libre pensée.

L’accueil des migrants a de même particulièrement nourri les débats. Prenant le contre-pied de la pensée dominante, un groupe a tenu à démontrer que, malgré les apparences, l’accueil desdits migrants s’avérait meilleur qu’auparavant citant, à titre de comparaison, l’accueil des harkis dans les années 1960. Ce thème fit l’objet d’un véritable échange d’arguments, certains participants n’étant pas forcément d’accord.

Cependant, le principal sujet qui a émergé concernait la relation aux politiques et aux débats électoraux qui laissent plusieurs participants, notamment parmi les jeunes, sceptiques, désabusés, convaincus que notre démocratie n’est qu’un simulacre dont ils se sentent exclus au profit de quelques puissants. De nombreux participants se sentent interpellés par ce manque de confiance d’une partie de la population envers les institutions et les hommes politiques. Pour la majorité il apparaît nécessaire de raviver la flamme du civisme et l’envie de s’impliquer dans la vie politique du pays. Cela passe par le sentiment que la voix de chaque citoyen compte et que le pouvoir est entre leurs mains. Une formule clé put ainsi apparaître : rendre le pouvoir aux citoyens !

Si les raisons profondes qui conduisent à ces sentiments auront besoin d’être creusées et comprises, l’objectif était d’abord d’entendre ce que chacun avait à dire mais aussi de chercher quelles réponses nous pouvons apporter. Il a par exemple été suggéré de constituer des groupes de citoyens pour parrainer un élu.

En lien avec tous les autres sujets abordés, le rôle des médias a également fait l’objet de discussions. Capable d’orienter ce qui va occuper les esprits, avec parfois le sentiment chez certains d’être manipulés et impuissants, les médias sont souvent considérés avec méfiance. Suggestion d’une participante : soutenir les médias citoyens, des plateformes où chacun peut s’exprimer librement, qui n’ont pas l’appui qu’ils méritent et qui pourraient devenir des voix que nos dirigeants pourraient se mettre à écouter attentivement.

Le temps était trop court pour réfléchir à la concrétisation de certaines de ces idées. Nul doute néanmoins que les échanges de la soirée auront amorcé une réflexion sur l’état de notre société et sur ses besoins. Le premier objectif était atteint.