Samedi, juillet 18, 2009

A l'ouverture du second Forum de Caux pour la sécurité humaine, Son Altesse Royale le prince El Hassan Bin Talal de Jordanie a offert un discours révélateur et ponctué d'humour sur la crise économique mondiale et son impact sur les Etats fragiles. Un podcast est disponible.

(Photo: Cécile De Nomazy)

Le prince a appelé à un ordre mondial plus juste « pourrions-nous entrer dans l’ère de l’intra-dépendance, le multilatéralisme et de la pensée multiculturelle ? » a-t-il demandé. Nous ne pouvons pas séparer le monde entre « l’Occident et le reste », car autant l’Occident que le monde musulman sont des réalités hétérogènes : « nous avons tous appris quelque chose les uns des autres ». « Les problèmes transfrontaliers ne peuvent se résoudre qu’avec des solutions transfrontalières », a-t-il annoncé, en faisant allusion au changement climatique, qui « offre aussi à l’humanité une opportunité de faire un bon en avant pour le développement durable et pour le processus de paix ». Il nous faudrait aussi en finir avec « le pouvoir d’Etat et le nationalisme obtu ».

En provoquant l’hilarité de son public, composé de figures internationales ainsi que de militants de la première heure, il a commencé par se demander « de quelle autorité un prince parlerait-il des droits de l’homme ? » puis a évoqué son enfance dans un « environnement dangereux » et le fait qu’il a commencé à « dialoguer avec les Israéliens bien avant que ce soit à la mode ». Il rappelé l’urgence pour la démocratie et la méritocratie pour contrer la fuite des cerveaux à l’étranger dans sa partie du monde. « Les gens doivent pouvoir d’aller de l’avant sur la base ce qu’ils connaissent et non grâce à ceux qu’ils connaissent ! »

L’ambassadeur Thomas Greminger, chef de la division politique IV (sécurité humaine) du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), qui soutient le Forum, a exprimé sa gratitude d’être de nouveau à Caux « malgré le mauvais temps ». Il a remercié les organisateurs des Rencontres pour leur effort de « rassembler des personnes ayant des intérêts communs et des acteurs dans les domaines tels que la diplomatie, la politique, la culture, la science, et les médias ». Il a aussi salué « la visée holistique du Forum pour la sécurité humaine », tout en affirmant que « la Suisse est convaincue de la nécessité d’une vision d’ensemble et d’une approche multi-disciplinaire réunissant de nombreux acteurs à différents niveaux ».

Il a par la suite évoqué le partenariat d’Initiatives et Changement International avec le DFAE au Burundi, « pour la promotion de l’écoute et de la compréhension » dans la lignée de la politique suisse pour la paix. Il a conclu en rappelant la promesse du gouvernement suisse de ne pas réduire les aides au développement à une époque « où elles sont plus nécessaires que jamais ».

Cornelio Sommaruga, président honoraire d’Initiatives et Changement International, a affirmé que toutes ses années passées à la tête du Comité International de la Croix Rouge lui ont donné envie de s’engager pour « une mondialisation responsable pour la sécurité humaine ». « Rien qui ne passe sur cette planète ne peut nous laisser indifférent » a-t-il déclaré.

Mohamed Sahnoun, président et fondateur du Forum a rappelé les quatre grands thèmes de cette session : faire face à la crise économique mondiale, relever le défi du changement climatique, renforcer la bonne gouvernance nationale et internationale et approfondir le dialogue interculturel et la compréhension.

Rajmohan Gandhi, président actuel de l’association internationale, a rappelé aux participants de « ne pas oublier les difficultés et l’insécurité vécues au quotidien par une grande partie de la population mondiale ». Il a également lancé un appel à chacun pour prendre ses responsabilités : « la plupart d’entre nous ne peuvent influencer qu’eux-mêmes mais quelques uns ici peuvent être en mesure d’influencer les gouvernements ». « Chacun a son rôle à jouer car nous vivons à l’ère du citoyen » a-t-il conclu.

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